30.11.2005
Le dernier des Mohicans - Le retour.
Le journal bruxellois « Le Soir » consacre une page entière et son édito à « ces Flamands qui veulent le divorce ». Il leur aura fallu 4 jours pour réagi au manifeste du groupe Warande dont j’ai signalé la sortie vendredi dernier.
Si Dirk Vanoverbeke cherche à minimiser l’impact possible (il a même trouvé deux "bons Flamands" sceptiques), David Coppi signe un éditorial qui est plus réaliste. Rappellant que le Mouvement flamand n’est pas une mode, il nous informe qu’un groupe d’universitaires et de politiques (de tous les partis francophones...) se réunit en secret (sic !) chiffrant les scénarios de la séparation. Et donc qu’on se prépare bien à la rupture… Intéressant message de la part d’un obligé du très unitariste Di Rupo… Dommage qu’en sa qualité de « Voix de son Maître », il se sente encore obligé de plaider pour une « Fédération Wallonie-Bruxelles indépendante en Europe » en réponse au manifeste flamand.
Une option catastrophique pour la Wallonie que même Charles Picqué ne veut pas…
Plus sérieusement, ce Manifeste est un tournant politique important pour la Flandre... et pour nous.
Les partis politiques flamands traditionnels – comme tous les partis de pouvoir – étant à la traîne de la société et des milieux économiques vont se sentir enfin dédouanés et pourront maintenant afficher clairement leur volonté d’indépendance dissimulée prudemment jusqu’ici sous le masque du "confédéralisme à la belge". Pourquoi dédouanés ? Parce que la revendication d’indépendance ne sera plus portée par le seul Vlaams Belang et étant reprise par les partis traditionnels - va peut-être leur permettre de récupérer quelques votes en passant – ne sentira plus le souffre. Ils pourront laisser au Belang son fond de commerce anti-immigrés, Eux se consacrant à une tâche plus noble, l’indépendance de la Flandre.
Les auteurs du Manifeste viennent là de faire œuvre utile pour la Flandre. Confiner l’extrême droite sur ses thèmes de prédilection et libérer les partis dits démocratiques traditionnels des derniers scrupules belgicains qu’ils pouvaient encore avoir.
Et pendant ce temps là, dans le même journal, le porte parole du MR – Charles Michel – déclare ne pas vouloir du séparatisme. Comme si les Flamands lui demandaient son avis…
Marcel Cheron (ecolo) s’aperçoit enfin que les Flamands se radicalisent… beau progrès ! Jean-Jacques Viseur (pscdh) rêve encore de faire de la Belgique un modèle pour l’Europe...
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29.11.2005
Des choses amusantes et d'autres sérieuses.
Mon texte d'avant-hier a été repris sur le forum de "La Libre" intitulé : "Pourquoi la Région wallonne s'est-elle fait rouler dans le dossier Francorchamps ?". La source n'est pas citée...
Par contre excellent édito, très lucide, dans "L'Echo" à propos du manifeste pour l'indépendance de la Flandre.
Enfin, toujours sur le même Forum de "la Libre", ce très beau texte, un peu hors propos, mais fort intéressant :
| Lettre ouverte aux Wallons qui aiment la France | 28/11 | ||
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28.11.2005
Espèce de « Pacte à quatre » !
Di Rupo est revenu ce dimanche sur le «pacte des générations » - le bien mal nommé- entre les partis de la majorité en mettant en garde les syndicats wallons : « si un accord avec les employeurs ne pouvait être obtenu au niveau national dans le cadre du Pacte, le système de concertation sociale belge risque d'exploser. La compétitivité des entreprises wallonnes en pâtirait lourdement ».
Culotté !
Nous traversons, une fois de plus, une période de délire politique collectif bien orchestré.
Le vrai problème n'est pas là où on veut nous le montrer.
Il n'y aurait pas assez de travailleurs âgés ?
- Faux en Wallonie et à Bruxelles. Il y est quasi impossible de maintenir les travailleurs au travail plus longtemps et d'embaucher des jeunes (et des moins jeunes) parce qu'il n'y a pas assez d'emplois, tout simplement. (pour rappel, le chômage est de 19 % en Wallonie avec des pointes à 35 % dans certaines régions (Mons, par exemple..).
- Vrai en Flandre où 68% des pré pensionnés (souvent Canada dry) se trouvent. Où il y a de l'emploi, mais pas assez de gens compétents pour les occuper. La situation est semblable, mais bien plus grave en Finlande et en Allemagne, ce qui explique là le report de l'age de la pension. Est-ce un modèle ?
Le pacte du Gouvernement est donc surtout favorable pour l'économie flamande. (Mais est-ce étonnant ?)
On ne pourra pas payer les pensions parce qu'il va y avoir trop de personnes âgées ?
- Faux, tout simplement. Une simple observation des statistiques, pourtant officielles, montre ceci :
Actuellement, pour 100 actifs, il y a 238 inactifs (y compris les enfants et les personnes agées). Au plus fort du "papy boom", il y aura, toujours pour 100 actifs, 250 inactifs. L'augmentation sera marginale d'autant plus que d'ici là, le PIB aura naturellement augmenté et annulera la différence. En 2030, au plus fort du "papy boom", les + de 65 ans représenteront 43,7% des Flamands contre 38,5 %des Wallons. Et encore, ces chiffres ne tiennent pas compte du taux de mortalité plus important en Wallonie. Ils sont tirés des rapports et prévisions de l'INS (Institut national des statistiques) et à la dispôsition de tout les monde.
Tout ce débat a surtout pour but d'occulter le véritable scandale : celui du niveau extraordinairement bas des pensions en Belgique (hors pensions des fonctionnaires, et encore). Les chiffres sont connus. Mais en comparaison avec les pays voisins, ils sont effrayant.
Si on prend la France, par exemple, (où l'âge de départ à la pension est de 62 ans...) il n'est pas rare du tout que le montant net avoisine les 80 % du montant du dernier salaire !!! Après avoir payé moins d'impôts durant toute sa carrière...
Evidemment, on ne dit pas ça à nos « chers concitoyens » (comme dirait celui qui pourrait devenir sans doute le Vicomte « di Rupo di Calabria »… pour service rendu à la Belgique flamande, par exemple. ).
Par ailleurs, le fameux « Pacte entre les générations » qui n’est jamais qu’un accord entre les quatre partis de la majorité fédérale pourrait remettre au goût du jour l’expression « pacte à quatre » qui fait partie des charmantes injures puisées dans le vocabulaire fleuri du Capitaine Haddock !
11:05 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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26.11.2005
Pourquoi Di Rupo ne veut pas de commission d'enquête...
Simple. Comme nous sommes en particratie, aucune décision de quelque importance, surtout médiatique comme celle du Grand Prix ne se prend sans l'aval des présidents de partis de la majorité. En l'occurrence lors de la signature avec Ecclestone, Di Rupo et... Ducarme. Di Rupo ne pouvait donc pas ne pas savoir comment les choses se passaient et étaient organisées.
En bons petits soldats, Jean-Marie Happart et Michel Daerden protègent leur président.
Pour la suite, il suffit de voir dans la note interne du Parlement wallon comment la sortie de l'affaire est mise sous contrôle :
1. Le gouvernement dépose, le mardi 29 novembre, à l'attention de la commission du Budget et des Affaires générales, un rapport qui compile tous les documents connus sur la F 1. Certaines de ces pièces pourront être distribuées, d'autres devant être consultées sur place, pour des raisons de sécurité juridique.
2. Le 29 novembre, les membres de la commission fixent la méthode utilisée et le calendrier des travaux et désignent deux rapporteurs (PS-MR)... Tiens donc !
3. Les membres de la commission transmettent par écrit au président de la commission leurs questions, et ce, pour le 8 décembre au plus tard.
4. Le lundi 12 décembre, les membres peuvent poser oralement leurs questions en séance de la commission. Des questions complémentaires aux questions écrites "peuvent" être posées.
5. Les personnes à qui s'adressent les questions (ministres, responsables de Meusinvest, responsables de la société de promotion,...) "peuvent" répondre par écrit.
6. Les 14 et 15 décembre, la commission débat des réponses. Les personnes questionnées peuvent s'en tenir à leurs réponses écrites ou se présenter devant la commission.
7. Le 15 décembre, la commission clôt ses travaux par le vote d'un projet de motion.
8. Sous réserve de décision contraire de la commission, toute la procédure est publique.
9. Le 16 décembre, ce projet de motion est débattu en séance plénière du Parlement.
La procédure est ainsi parfaitement cadenassée. Elle laisse toute l'initiative au gouvernement (et à son ministre-président, l'inspirateur caché de ce machin ?) et enlève toute autonomie à la commission dans sa manière d'agir... Efficace, non ?
N'y avait-il pas dans ce pays un vieux principe de "séparation entre les pouvoirs législatifs et exécutifs" ?
Non ? J'ai du rêver alors...
Ou alors, voilà un 5 frimaire qui fait un peu penser à un 18 brumaire... Mais avec le panache et surtout les risques en moins…
10:25 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25.11.2005
L’agence BELGA signale que le manifeste des milieux économiques flamands demandant l’indépendance de la Flandre est sorti !
«Un groupe de dirigeants du monde économique flamand demande dans un manifeste la scission des structures de l'état belge. Ce manifeste, provenant du Warande Groep, est une initiative de Remi Vermeiren, ancien dirigeant du groupe KBC.
M. Vermeiren a réuni plusieurs personnes dans ce groupe intéressées par l'idée d'une Flandre indépendante. Il en résulte un livre et un plaidoyer pour une Flandre indépendante au sein de l'Europe. Autour de son manifeste, on retrouve Herman De Bode (McKinsey Belgique), René De Feyter (ancien administrateur-délégué du VEV), Manu Ruys (ancien rédacteur en chef de De Standaard) et Frans Crols (directeur Trends). Une cinquantaine de personnes ont signé le manifeste dont le baron Hugo Vandamme. (GFR) »
Du beau linge !
11:10 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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24.11.2005
Faut-il lire avant de signer ?
Certains (moi-même...) restent choqués de l'attitude des administrateurs de la Société de promotion du circuit de Francorchamps qui ont signé sans le lire la fameuse convention qui fait scandale. Les révélations se poursuivent par ailleurs...
Mais, ça n'a rien de surprenant. Nos députés fédéraux, régionaux, communautaires, Wallons, Francophones ou flamands fonctionnent tous comme Jean-Marie Happart ou Yves Bacquelaine. On signe sans lire, même quand c'est en français.
La preuve ?
Ils ont tous voté le projet de traité pour une constitution européenne !
Et ça, ça nous aurait couté bien plus cher que le "Gros prix" de Francorchamps.
Heureusement que les "petites gens", le "peuple" (en France et en Hollande en tous cas, là où il y a eu débat) est parfois plus avisé...
Wallons ! Réveillez-vous !
12:02 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Un signe ?
On avait toutes les raisons de craindre le pire hier soir. La RTB(f) avait en effet programmé une émission présentée par Jean-Claude Defossé, « Questions à la une » avec comme sujet : « Et si les Flamands nous lâchaient ? Faut-il lâcher les Flamands ? ».
Même si l’analyse était quelque peu simpliste, il y aurait beaucoup trop à dire et une émission n’y suffirait pas, surprise agréable, les deux journalistes principaux, Christophe Deborsu et Bernard Juncker, s’en sont tenu assez objectivement aux faits.
Bien sûr, particratie oblige, le PS étant le parti dominant à la RTB(f), ce sont les analyse de ce parti qui ont été mises en avant. Intéressant, mais pas relevé comme tel, la différence de point de vue entre Di Rupo (dans le style : « retenez-moi ou je fais un malheur ), pouvant se résigner à une Belgique continuée sans les Flamands alors que Picqué préfère un « Etat bruxellois » (qu’il sait pourtant invivable et ne dit pas forcément limité aux 19 communes actuelles), alors que le professeur David de l’ULB rejoint l’analyse que je faisait dans la carte blanche publiée dans le soir du 2 février dernier (http://rwf.be/archives/Carteblanche020205.htm), à savoir qu’en cas de rupture les frontières des régions deviennent les frontières des nouveaux Etats. Il est donc essentiel de ne rien céder sur les communes à facilités qui restent ainsi la preuve que les frontières ne sont pas encore parfaitement acceptées.
Même si les journalistes affichaient d’une manière un peu caricaturale, en cas d’éclatement de la Belgie-que, leur préférence pour l’option de plusieurs Etats indépendants, leur analyse montre que dans ce cas la Wallonie s’en sortirait mal. Ils reconnaissent, après avoir fait une comparaison avec la Slovaquie, que celle-ci ne tient pas la route.
Résignés, il leur restait à aborder rapidement l’option de la réunion à la France. Surprise là aussi, ils ont montré que les politiques français s’y déclarent favorables. Malgré le principe défendu depuis toujours par la diplomatie française de « non ingérence mais non indifférence » qui n’a pourtant pas été rappelé dans l’émission. Louis Miche également dans un de ses rares moments de franchise.
Emission intéressante donc pour notre cause, même si elle a été entourée de précautions comme l’intervention d’un ancien premier ministre flamand « repenti » au cours du JT qui l’a précédée et de la conclusion opposant un « pays réel » unitariste aux politiciens qui sont capable de tout (entendez : de penser au séparatisme).
Amusant enfin, cette émission est programmée le jour du début de la clôture des festivités des 175 virgule 25 ans de la Belgie-que. Un signe que les choses changent à la RTB(f), probablement l’institution la plus « belgicaine » de la Communauté française ?
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21.11.2005
Les mots perdent leur sens...
En attendant d'y voir un peu plus clair sur le scandale de la Convention d'organisation du Grand (gros?) prix de Francorchamps, il est bon de se rendre compte que la vie politique de ce... pays (?) est rythmée par les scandales. Scandale de l'affaire Dutroux en 96 (je n'ai pas noté ce qui est venu ensuite mais...) et dans l'année qu'on vient de vivre du scandale de la douche d'Arena, puis du scandale des recommandations de Lizin puis du scandale de l'utilisation partisane des maigres ressources de son instittion par la Présidente de la Communauté française, puis du scandale des logements sociaux.
Heureusement, nous sommes à l'ère du zapping, de l'amnésie collective.
Ou alors, les scandales, ce n'est pas grave, c'est devenu la norme en Belgie-que.
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20.11.2005
La mauvaise gouvernance paie !
Faire une utilisation hasardeuse des deniers publics ne semble décidément pas être trop grave dans ce pays où on admet désormais tout et n'importe quoi.
Le monde de la finance peut même vous récompenser. Serge KUBLA vient d'être coopté au Conseil d'administration de Dexia.
http://www.dexia.be/pdf/News/20051115-nominations.pdf
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19.11.2005
Remarquable analyse de Paul-Henry Gendebien
La Libre a publié hier sous le titre : Opinion - WALLONIE - Crise et remèdes, une remarquable analyse de Paul-Henry Gendebien.
Il y tient des propos très dur mais très vrais tels que : "La démocratie, c'est la révocabilité du pouvoir. En Wallonie, le pouvoir n'est plus révocable. D'où les comportements intolérables que l'on connaît bien, mais qui sont malgré tout tolérés..."
Il invite les Wallons et les Bruxellois à réfléchir très activement et très sérieusement au destin qu'ils veulent se donner...
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=120&art_id=251632
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